Donc, elle s'appelle Lucille. Elle va avoir 15 ans le 16 Mars. Oui, elle a encore le temps... Supposément de nature ardente, curieuse quelques fois sauvage et revêche, d'apparence, elle est sure d'elle mais en réalité elle est remplie de sensibilité, entière dans ses aversions, ou encore cahoteuse et insatiable. On la dit dynamique, lunatique, passionnée, attachante, compliquée, rêveuse. Des adjectifs plus ou moins accommodants. Il lui arrive de méditer longuement sur des questions dites existentielles. Comme « Est-ce que l'on perd du temps à tomber amoureuse ?».Oui, car Lucille est en constante recherche du bonheur. Nan, là elle veut parler du vrai bonheur.Pas celui qui reste éphémère, falcifié par des mots, par des gens qui auront un impact plus ou moins négatif sur elle. Car au fond d'elle, elle sait qu'il existe .Elle espère. Elle se fascine aussi sur le monde qui l'entoure. Faisons plus simple. La plupart du temps elle s'ennuie, elle tourne en rond. Elle se sent tout le temps fébrile et elle rêve de quelque chose de sauvage. D'aventure. D'hardiesse. D'extase. Elle voudrait pouvoir attraper la lune dans sa main. Elle aimerait aussi cesser ces rêves factices, irréalisables, censurer ces images qui lui viennent à son esprit. Elle se sent perdue, parfois. Elle a l'impression de toujours aimer la mauvaise personne. Ce n'est d'ailleurs pas une simple impression. Elle a toujours aimer de tout son être mais elle a toujours était très vite déçue. Dans tous ses gestes, ses regards, ses mots, dans son attitude même, crie un énorme besoin d'être aimée mais elle a peur des représailles que ça peut entraîner. Vous savez elle est plutôt bizarre. Enfin, vous me direz : qu'est-ce que la normalité ? Se protéger pour éviter de souffrir, ne jamais laisser les sentiments guider le jeu. Au fond, elle a juste besoin qu'on lui montre qu'aimer et souffrir ne vont pas toujours de pair. Elle est pleine de contraste .Elle aurait même tendance à aller vers la marginalité pour se démarquer des autres. Elle serait du genre type anticonformiste. Oui, que du paradoxe. Sa vie est faite uniquement de musique depuis son enfance. D'ailleurs, le reste du temps, elle chante, elle danse dans la rue, comme ça, sans prévenir parce qu'elle en a envie .Cela peut être déconcertant pour ceux qui ne la connaîtraient pas. Il est vrai aussi que les gens ont tendance à lui faire beaucoup de reproches. Mais elle s'en fout. Elle n'aime pas se justifier sur ses choix et sur tout ce qu'elle fait. Lucille veut tout simplement profiter de la vie tant qu'elle en a encore le temps. Rire d'elle-même, pleurer devant les Feux de l'Amour,faire des photos, mentir, être de mauvaise foi, hurler dans les vestiaires, écrire des pages entières sur ces états d'âme, être toujours en retard, dire pardon et s'asseoir comme si de rien n'était . Elle n'arrive pas à s'empêcher de parler. De sa vie et des autres. Même si elle sait que ça n'a aucune importance, ce qu'elle raconte... Lucille n'aime pas les gens qui se plaignent, qui dépriment tout le temps, qui disent que la vie ça ne sert à rien, qu'elle ne mérite pas d'être vécue. Elle leur fait même des leçons de morale alors que sa vie est un foutu bordel. Elle ne supporte pas non plus la pluie torrentielle qui fait friser ses cheveux. Dans ces moments là Lucille préfère ne rien faire. Même si par habitude elle est toujours en ébullition et se donne à fond dans tout ce qu'elle fait. Comme tout le monde, elle a de nombreux défauts et ses jours de blues .Par exemple, il lui arrive très souvent d'être colérique voir rancunière quand sa s½ur lui pique ses lunettes rouges (à noter que Lucille adore le rouge, c'est sa couleur préférée).Et lorsqu'elle est vraiment en colère, mieux vaut ne pas être dans les parages. L'inexorabilité de son caractère fait qu'elle peut en quelques secondes tout détruire et anéantir ce pour quoi elle s'était donnée corps et âme. Malgré ce côté excentrique, Lucille a un côté timide qu'elle refoule car elle n'aime pas montrer ses faiblesses. Dans la vraie vie, elle est tout et son contraire. D'ailleurs elle trouve inutile d'étaler plus longtemps sa vie si palpitante, cependant. Je, elle, tu .Allez, vas-y, juge moi.